J’avais répondu récemment sur un forum à une débutante en course à pied qui voulait s’inscrire à une première course, un 10km près de chez elle. Je l’avais encouragé à le faire, lui disant que c’est une bonne distance pour se lancer. Depuis, j’ai recontacté Laurence pour qu’elle nous raconte ses débuts et sa première course, preuve que les courses officielles ne sont pas réservées aux pros ! Voici son récit…

J’ai 46 ans, mesure 1,65 m pour 56 kg ; je ne suis pas spécialement sportive, juste un peu de gym avec des vidéos devant la télé dans mes bonnes années, histoire de garder la ligne… Bref, rien d’exceptionnel. Je précise que je suis mariée, un enfant de 7 ans et demi et pour le boulot, un hôtel de 30 chambres dans une région touristique du sud-est.

J’ai commencé à courir la semaine du 14 juillet cette année ; mon frère (53 ans) était venu passer quelques jours à la maison, il court depuis 20 ans et a disputé plusieurs marathons. Cela m’avait toujours intrigué, de le voir partir le matin, chausser ses running et « aller sur la colline », revenir en sueur 1h30 après mais avec un tel sourire de satisfaction !

La veille de mon premier jour, après un dîner un peu arrosé, je me dis que j’ai très envie de les suivre le lendemain matin (son fils de 20 ans était là également) ! Tope là ! Le lendemain, je chausse les running et c’est parti ! Il fait 25°C, la température monte vite, et je souffre au bout de… 5 minutes ! Mon frère se retourne souvent, m’attend, revient sur ses pas, s’enquiert de mon état (je suis déjà toute rouge), mais je serre les dents, j’ai dit que je le ferai, je le fais !
Après avoir traversé la ville, nous montons sur la colline (400 m de dénivelé) heureusement en marchant. En fait, je n’en peux plus ! Mais je ne dis rien (même si ça se voit) ; là-haut, bizarrement, je me sens presque bien : un peu d’ombre (enfin), de la pente (négative), une fontaine (arghhhh), presque le bonheur.
On redescend, je me sens à peu près bien. Le thermomètre a dépassé les 30°C. Une fois arrivés en ville, nous faisons une courte pause pour boire un peu d’eau et repartons à la maison. Là, je m’avoue vaincue et je marche. De rouge, je suis passée à violette !

1h30 pour une première sortie, je me rends compte aujourd’hui que c’était complètement ridicule voire même un peu dangereux, mais malgré la souffrance, je me suis accrochée !
Mon frère parti, dès le lundi, j’ai dépoussiéré mon tapis de course (acheté l’an dernier pour un prix dérisoire sur un site d’annonces gratuites, et qui ne m’avait servi jusque là qu’à… marcher un peu vite) ; la première semaine, j’ai commencé par courir 15 mn (3 fois par semaine), puis la deuxième, 20 mn, etc. Fin Août, je suis parvenue à 40 mn, avec quelques sorties à l’extérieur ; début septembre, je suis passée à 50 mn, puis à 1 heure.  Je précise qu’au début, j’alternais marche et course, et que, assez rapidement, j’ai pu courir plus longtemps sans souffrir et regarder tout le temps la montre ! Ah oui, super important, l’IPod avec mes albums préférés, qui font passer le temps plus vite (mon frangin me dit que c’est un faux ami dont il faut user avec parcimonie pour être à l’écoute de son corps, il a sûrement raison, mais la motivation a parfois besoin d’être boostée !)

J’ai profité de la rentrée pour m’inscrire à une salle de gym qui propose un cours de renforcement abdominal et du stretching, 1 ou 2 fois par semaine, entre midi et 14h00.
A cette cadence, j’ai évidemment perdu du poids, ce qui m’a encouragé un peu plus à continuer !
En octobre, j’ai commencé à encourager mon mari (2 paquets de clopes / jour !) à courir avec moi, devinant tous les bienfaits que cela pourrait lui apporter ! OK, c’est parti avec notre fils (en vélo, ravi, qui a pour mission le ravitaillement en eau), sur une piste cyclable à côté de chez nous, où l’on ne croise quasiment aucun véhicule à moteur !
Mon mari se prend au jeu, je suis stupéfaite, avec tout ce qu’il fume, il est à peine essoufflé !!! On réitère : mercredi + samedi.
Mon maximum (début octobre, 8 kms en 1 heure). Pour m’encourager, mon mari m’offre un super cardio-fréquence-mètre avec GPS !

J’achète le magazine « Jogging International » et je commence à loucher sur les courses 5 ou 10 km de ma région… Pourquoi pas moi ? Je commence à me sentir de plus en plus à l’aise ! Mon frère m’a parlé de l’ambiance des courses, de l’esprit sportif et familial qui y règne… bref, ça me tente de plus en plus. Je n’irai pas pour faire une performance, juste tâter l’ambiance ! Je me rends compte que j’ai besoin d’un petit challenge !

Un certificat médical étant obligatoire pour toute inscription, je consulte mon médecin qui m’encourage à faire un test d’effort (vu mon âge + des douleurs thoraciques consécutives à des crises d’angoisse) : le test d’effort réalisé chez un cardiologue ne révèle rien d’anormal et m’indique que ma fréquence cardiaque maximale est de 158.
Le certificat médical en poche, je m’inscris à un 10 km qui a lieu le 5 novembre, à 10 minutes de chez moi.
Entretemps, je pars une semaine en vacances au Maroc, et là, je m’entraîne : quel bonheur de courir dans un autre lieu que chez soi ! Là, je croise des berbères et des chameaux, c’est complètement magique ! Je suis sur un nuage.

La date de la course approche et la météo est catastrophique : pluies, orages… et même inondations. Comment court-on quand il pleut ? Eh ben on met une casquette et un coupe-vent ! La course se déroule l’après-midi. Le jour dit, je suis un peu stressée, mal au bide, je me dis que, non, vraiment, je ne suis pas prête, je vais être SUPER ridicule et je vais arriver LA DERNIERE. Mon fils m’encourage (allezzzzz Ma-man, allezzzz Ma-man !!!) et mon mari est confiant (ouh, la la).  Ils assurent mon intendance (parapluie…).

J’arrive sur le lieu, retrait des dossards, c’est quoi ce truc en plastique bleu collé sur mon dossard ???  Ah zut, je l’ai décroché, c’est le bip qui valide ton temps à l’arrivée… Bon, de toute façon, avec le bout de scotch qui le tenait, il n’aurait pas tenu bien longtemps ! Car j’oubliais : il pleut des seaux.
Je vois les autres coureurs s’échauffer, je fais de même, ça y est, je suis trempée, le départ n’a même pas été donné ! Bon, maintenant j’y suis, j’y vais. Coûte que coûte.
Le parcours n’indique que de la route, et pas de dénivelé, c’est ça de gagné ! On attend derrière la ligne, une grosse averse nous tombe dessus… et le départ est donné !

Les plus athlétiques démarrent en trombe (ah, ah), mais tout le monde m’a conseillé de partir DOU-CE-MENT.  Je pars trop vite (…) emmenée par la deuxième vague, celle qui est de toute façon plus rapide que moi !!! Une ornière pleine d’eau, des flaques grandes comme… la route, ça y est, mes pieds font floc-floc dans les chaussures.
Je jette un coup d’œil à mon cardio… quoi ??? je suis à 10 km/h (ma « bonne » vitesse, c’est entre 8 et 9), et ça ne fait que 15 min que je suis partie !!!  Les kilomètres sont indiqués par un marquage au sol… Mon dieu, je préfère pas regarder ! Cela me semble déjà long ! OK, je sais que le premier quart d’heure est le + douloureux, et en plus, je suis partie trop vite. Les « champions » sont déjà loin devant, je n’ose pas regarder derrière, pour l’instant, je sais qu’il y a encore du monde.

Au kilomètre 4, mon mari et mon fils sont là, sous leur parapluie, avec l’appareil photo. Je ressemble à une serpillière avec les joues écarlates.  Mon mari me lance « Accroche-toi, y’a deux tours comme ça ! »… Quoi ?!? Ah bon, j’avais pas compris qu’il y avait 2 boucles ! Je commence à me sentir seule. D’ailleurs, je suis toute seule, plus personne devant, plus personne derrière ! Je dégouline. Pourquoi je suis là, moi ? Je m’interdis de marcher, trop peur de ne plus avoir de jambes pour repartir après.
Il doit me rester 4 kilomètres… y’a plein de trucs qui me traversent l’esprit, je pense à mon père, mort brusquement il y a 30 ans, je me dis que s’il me voyait, il serait sans doute fier de moi… Je pense à ma mère, 79 ans, malade de Parkinson, qui se déplace de plus en plus difficilement… Je pense à la chance que j’ai d’être là, de pouvoir SIMPLEMENT LE FAIRE. Cela m’aide, je m’accroche. Mes jambes ne sont plus douloureuses, ma tête a pris les commandes !

Kilomètre 8, je double un coureur qui a l’air à la peine, je l’encourage, il me remercie… et me redouble 5 minutes après ! Ça me fracasse un peu le moral, mais bon, la ligne d’arrivée n’est pas loin. J’entends deux coureurs qui se rapprochent derrière moi,  NON, je ne veux pas être LA DERNIERE !!! Je force un peu, ça passe. Du coup, je redouble le coureur me précédant, il me souffle « Bravo madame ».

Kilomètre 9, quelques spectateurs (trempés) m’encouragent, ça me galvanise. Trois athlètes arrivés, eux, depuis 30 minutes et qui se changent à côté de leur voiture, rigolent en me voyant passer (pas très sportif ça, messieurs), mon moral redescend. Un demi-tour de stade, et c’est fini. Le coureur qui me suit essaie de me doubler dans les derniers 100 mètres, j’allonge ma foulée, sans peine, finalement, j’en avais encore un peu sous la semelle. C’est fini, 1h07.  Quelqu’un me stoppe net pour récupérer le bip, je trouve insupportable de m’arrêter brusquement ! J’ai besoin de marcher, de boire. Mon mari et mon fils me félicitent. L’effort a été violent, la tension retombe, et une grosse émotion me submerge. Je l’ai fait. Mon dépassement. Je ne pense qu’à une chose : la prochaine course.

Je remercie Laurence pour ce super récit et le partage de son expérience. En lui demandant de nous raconter ses débuts en course à pied et sa première course, j’avais en tête de vous montrer que les courses sont ouvertes à tous, et qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer ! J’espère vous avoir (ou plutôt Laurence) convaincu et que vous n’hésiterez plus à vous lancer à l’avenir 😉

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